1er étape) Saint Guilhem le Désert/Montpeyroux le 16/07

Publié le par laurentour

 

...Sur le chemin d'Arles...

 

 

Parcours

Saint Guilhem - Le cirque de l'Infernet - Montpeyroux

 

 

 

Km : 15

Départ : 7H30

Météo : 30 degrés - Soleil - vent nul

Alt : 89 m - 450 - 180 m

Département : Hérault

Hébergement : Camping de Montpeyroux : 0.00 €

Coquilles : 5/5

 

Infos Montpeyroux ===> link

 

 


6h30 et c'est le branle bas de combat dans la chambrée... Mon premier reflêxe est de jeter un oeil vers la fenêtre oû j'aperçois un ciel bleu sans nuages garantissant une superbe journée... J'ai juste à passer le stricte nécessaire pour démarrer cette première étape qui s'annonce de toute beauté à travers le cirque de l'Infernet situé à quelques pas d'ici, appellé également Le bout du Monde tant son caractère géologique et semi-désertique nous renvoie instantannément à une autre époque dès qu'on y rentre.


Donc, équipé de mon sac à dos et d'une tenue adéquate en vu d'une journée ensoleillée et chaude en ce mois de juillet, je file à travers les ruelles encores endormies en direction des falaises dominantes de leurs crêtes aiguisées... Maintenant sur le GR indiqué par les balises, je dois vite ajuster les règlages et fermer la boucle ventrale à l'approche du départ qui s'annonce brutal et vertigineux... Maintenant au pied du cirque, j'hésite quelques secondes en pivotant mon regard sur le site qui tranche entre le bleu profond d'un ciel flirtant les cimes et les parois blanchies par le soleil, puis à nouveau face au chemin qui s'élève je décide de me lancer en plantant mon bâton sêchement dans le sol empierrés et peu rassurant... 


Courbé et faisant front face au sol le démarrage s'annonce ardu ! levant la tête de temps en temps pour marquer un point de repère sur un arbre ou bien un rocher, j'avance tant bien que mal en mémorisant le terrain dans le but d'anticiper les obstacles à venir... escaladant quelques marches taillées dans la roche me voilà "scotché" à l'intérieure d'une immense voûte striée d'épaisses couches de calcaire où résonne le goutte à goutte des eaux de pluie prisonnières...       

 

Continuant à suivre le chemin épousant la parois , je passe dans un couloir végétal où se fait sentir un courant d'air idéalement placé, en tempèrant mes efforts que je qualifierais de relevés... à la sortie du corridor naturel, je suis subitement frappé par les rayons du soleil que renvoient les surfaces calcaires m'obligeant à sortir les lunettes... Situé en bordure du sentier à cheval entre le versant et la parois, le point de vue depuis le belvédère est unique sur l'ensemble du site.

 

La barrière rocheuse franchie, il me faut suivre le chemin zigzaguant sur le haut du sommet puis redescendre le versant opposé en veillant aux nombreux blocs de pierres qui jonchent le sol...

 

Descendant contournant, montant, vers 10 heures toujours à crapahuter à l'intérieur du cirque où prédomine les falaises et pitons ajoutés des premières chaleurs c'est maintenant au tour des cigales de rentrer dans la danse en exécutant à l'aide de cymbales placées sous les ailes leurs chants stridents qui a pour effet d'avertir les femelles de leur disponibilité...

 

Mais très vite le chemin redevient sentier et reprend ses arabesques parmi les falaises Du Bout du Monde... Pendant un moment je marche sous de petites forêts ruiniformes plantées à même le sol rocheux et calcaire... m'aidant du bâton pour me frayer un chemin dans une portion recouverte de fougères basses, je me remémore quelques instants, avoir lu des articles sur l'existence d'une chapelle et d'un château bâtit dans les environs...

 

Perchées sur une crête et protégées de remparts naturels, on peut apercevoir les ruines du château du Géant où parait-il une légende retrace l'histoire d'un géant ayant vécu dans ces montagnes... La seconde curiosité du site est un ermitage et sa chapelle nichés au creux d'un rocher au nom de Notre-Dame de Belle-Grâce où résiderait un ermite ayant reçu l'autorisation du Pape d'y établir un lieu de prière et de recueillement... Une source existerait !

 

Vers midi sans avoir aperçu la chapelle et le château, je réussis à m'extraire du cirque de l'Infernet bombardé des rayons du soleil en m'octroyant une pause de quelques minutes dans un nouveau paysage beaucoup plus étendu et vallonné...

 

Cette portion du cirque de l'Infernet au départ de St Guilhem le Désert est splendide mais reste tout de même délicate à certains passages... Notamment au départ, le chemin s'élève pour aller atteindre les hauteurs à l'aide de sentiers très empierrés et risqués... A certains moment le chemin rase les bordures au vide vertigineux où il vaut mieux se rapprocher des parois en cas de vertige... Les 3/4 du chemin dans cette portion est essentiellement axé sur la montée. En ce qui concerne le château et la chapelle, ne les ayant pas aperçus, il est préférable de se renseigner avant le départ.

 

En regardant l'heure j'ai le sentiment d'avoir pris du retard et mal calculé le profil de l'étape.

 

Mais les soucis ne font que commencer. Je comptais trouver des points d'eau ou sur la providence des eaux de sources et fontaines dans ce milieu au sous-sol percé de cavités, de failles et de réseaux souterrains où circulent les eaux de pluie et rivières mais isolé dans le massif et encore loin des premières habitations je vais devoir gérer la rubrique ravitaillement au plus près. En attendant je commence le repas du midi composé de pain, fromage et saucisson enrichis d'une vue bien dégagée sur de nouveaux paysages. Le casse-croûte terminé, je reprend le chemin en direction de Montpeyroux depuis les hauteurs des contreforts du parc régional en laissant derrière moi le magnifique cirque géologique de l'Infernet que je viens de traverser non sans quelques difficultés... 

 

Vers 14 heures de l'après-midi la situation se complique ! Après avoir atteins 2 pics de quelques centaines de mètres mais suffisamment élevés, me voilà sur une route goudronnée surchauffée à blanc par un soleil au meilleur de sa forme. Approchant les premiers vignobles plantés sur des terres isolées proches des massifs  (Alt : 250) je quitte cet environnement montagneux et rocheux sous hautes températures et commence la descente vers les plaines en espérant toujours trouver un point d'eau. 

 

Si la température est toujours élevée, j'ai au moins plus d'air que sur les hauteurs où quelques brises se font sentir. Maintenant à sec, je commence vraiment à ressentir un manque d'eau sachant qu'il me reste encore 1 heure de marche. Pour couronner le tout je sens la formation d'ampoules sous les 2 voûtes plantaires. L'année dernière sans ampoules sur les 800 km de la route du Puy, me voilà "vérolé" le 1er jour avec en plus des godasses ayant plus de 1000 km au compteur. Exténué la gorge sèche, il est 15 heures quand je rentre dans le village de Montpeyroux sans âmes qui vivent. Tout le monde est cloîtré chez soi au frais les volets fermés.

 

N'apercevant auncune fontaine dans les parages, je demande à une charmante dame sur son balcon fumant une cigarette si elle peut me dépanner d'un peu d'eau en attendant l'ouverture des commerces vers 17 heures. Elle revient 30 secondes après m'apporter une bouteille d'eau sortie du frigo. S'apercevant de mon état elle me demande si tout va bien ! La bouteille bue au 3/4, je lui répond que tout va bien maintenant. Après quelques échanges pratiques et sur ses conseils je vais pouvoir m'installer au camping fermé depuis 2002 mais toujours ouvert en cas de dépannage. La tente montée et les ampoules soignées au Compeed je vais pouvoir me reposer et me ravitailler en vue de l'étape de demain qui promet d'être du même tonneau.

 

Fin de la 1ère étape.

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